Les Miroirs de l'Âme : Paraboles et Allégories Védiques
À travers des images simples et poétiques, les textes védiques éclairent les grands mystères de la conscience, de l'illusion matérielle et de notre véritable nature spirituelle.
La parabole des deux oiseaux
L'histoire
Sur un même arbre symbolisant le corps matériel, sont assis deux oiseaux inséparables. L'un d'eux picore avec avidité les fruits de l'arbre, tantôt doux, tantôt amers, subissant toutes les variations du goût et de la météo. L'autre oiseau reste immobile sur la branche supérieure, majestueux et calme, se contentant d'observer son compagnon avec bienveillance sans jamais goûter aux fruits.
Le sens caché
L'oiseau qui mange est la jiva (l'âme individuelle prisonnière des désirs matériels et du karma, qui goûte aux joies et aux peines de ce monde). L'oiseau qui observe est le Paramatma (l'Âme Suprême, le Divin présent dans le cœur), qui reste éternellement libre, patient et simple témoin de nos choix, attendant que l'on se tourne vers Lui.
Le chariot et les chevaux
L'histoire
La vie humaine est comparée à un voyage en chariot. Le corps est le véhicule, l'intelligence est le cocher qui tient les rênes, le mental est le cheval sauvage, et les sens sont les cinq chevaux attelés au véhicule. Le passager assis à l'arrière est l'âme.
Le sens caché
Si le cocher (l'intelligence) s'endort ou perd le contrôle, et que les chevaux (les sens) font ce qu'ils veulent, le chariot fonce droit dans le fossé. Pour que le voyage mène à la bonne destination, il faut que l'intelligence guide fermement le mental et les sens sous la direction d'une conscience supérieure.
Le roi et le mendiant endormi
L'histoire
Un homme puissant et riche, un roi, s'endort profondément au bord d'une route et se met à faire un cauchemar terrifiant : il rêve qu'il est devenu un mendiant misérable, affamé et rejeté par tous, luttant pour survivre chaque jour et souffrant le martyre... jusqu'à ce qu'il se réveille et réalise qu'il a toujours été le roi dans son palais.
Le sens caché
L'âme oublie sa véritable nature spirituelle et éternelle (sa « royauté » auprès du Divin) et s'identifie à un corps matériel temporaire. Prise dans le « rêve » de l'illusion (maya), elle subit les bonheurs et malheurs illusoires de ce monde, oubliant qu'il lui suffit de s'éveiller à sa conscience originelle pour retrouver sa paix.
L'homme dans le puits
L'histoire
Fuyant une bête féroce dans une forêt, un homme tombe dans un puits et s'accroche à des racines. En bas, un serpent géant l'attend. En haut, deux rats (jour et nuit) rongent la racine. Sur les parois, d'autres serpents menacent. Malgré cela, il aperçoit des gouttes de miel tombant d'un nid d'abeilles : il se met à les savourer, oubliant totalement le danger mortel qui l'entoure.
Le sens caché
Le puits est l'existence matérielle, le serpent du fond est la mort, et les rats sont les jours qui s'égrènent. Les gouttes de miel représentent les plaisirs éphémères. L'homme est tellement absorbé par ces futilités qu'il oublie l'urgence de se libérer de l'illusion avant que le fil de sa vie ne rompre.
Le serpent et la corde
L'histoire
Un homme marche sur un sentier sombre au crépuscule et aperçoit une forme sinueuse sur le sol. Paniqué, persuadé qu'il s'agit d'un serpent venimeux prêt à mordre, il recule en tremblant. Un passant arrive alors avec une torche et éclaire le sol : l'homme réalise qu'il s'agissait simplement d'une corde posée là.
Le sens caché
La corde existe bel et bien, et le serpent existe aussi dans le monde. La corde et le serpent ont chacun leur réalité propre. Mais c'est lorsque l'on prend l'un pour l'autre, par manque de clarté, que l'on entre dans l'illusion (maya) et la peur. Dès que la lumière de la connaissance éclaire notre perception, chaque chose retrouve sa juste place.
